Depuis plusieurs années, les technologies de virtualisation ont révolutionné la manière dont nous consommons l’informatique.

Même si certains secteurs sont beaucoup plus avancés en la matière, comme le secteur de la grande distribution, et d’autres un peu plus réticents, pour des raisons de problématiques de sécurité notamment, comme le secteur des banques, le marché du Coud Computing est des plus florissant, avec selon le CloudIndex de PAC de décembre 2014 près de 55 % des entreprises qui déclarent recourir à des solutions de Cloud Computing, contre 29 % en juin.

Ainsi, il ne s’agit pas d’un changement mineur, l’informatique en tant que service, c’est bien plus qu’un hébergement dans un datacenter externalisé.  Nous allons dans cet article aborder cette notion d’informatique en tant que service, et voir dans quelle mesure ceci change le métier et le rôle traditionnel de la DSI.

Qu’est-ce que l’informatique as a service

Apparue dans les années 2000, la notion d’informatique as a service fait référence à l’utilisation de ressources informatiques mises à disposition à la demande et payées à la consommation.

Il peut ainsi s’agir :

  • d’infrastructures as a service (IAAS), avec par exemple, la mise à disposition d’un hébergement pour sites Web.
  • de plate-forme as a service (PAAS), qui comprend la location d’une machine, de son système d’exploitation et de son administration. Un exemple : la mise à disposition d’un serveur avec Mincrosoft Exchange installé et prêt à l’emploi.
  • de logiciel as a service (SAAS), qui consiste dans une application accessible via un navigateur, et mise à disposition par un fournisseur sous forme de location.

Il existe pour ces types de services en Cloud Computing des modes de déploiement différent :

  • Le Cloud Privé : lorsque les infrastructures ne sont dédiées qu’à une seule entreprise, que cette infrastructure soit en interne ou hébergée à distance par une société d’infogérance.
  • Le Cloud public : lorsque les infrastructures sont mises à disposition de plusieurs entreprises, que ce soient de façon gratuite ou payante.
  • Le Cloud Hybride : c’est la combinaison d’infrastructures en mode Cloud Privé et Cloud public, orchestrées de façon à permettre la disponibilité et la performance du Cloud Public, et le contrôle des applications offert par le Cloud Privé.

Quand l’informatique as a service fait l’unanimité

Mais les services métier ne se soucient pas des considérations techniques du Cloud Computing et de l’informatique as a service. Ce qui les intéresse, c’est l’application pratique et immédiate qu’il est possible d’en faire, que ce soit pour améliorer la performance en interne ou pour créer de nouvelles offres. De fait, il existe une forte attente de la part des utilisateurs, qui perçoivent l’usage qu’il est possible de faire de l’informatique as a service et ses bénéfices.

Les PME adoptent le Cloud Computing du fait de manque de compétences internes, mais aussi, pour des raisons de coût, de souplesse et de réactivité. Et pour elles, le ROI est d’autant plus important. Car elles bénéficient ainsi immédiatement de services professionnels, basés sur des technologies fiables et puissantes, et qu’elles payent à la consommation. Elles se retrouvent ainsi avec des infrastructures et des services informatiques dignes des grandes structures, et augmentent leur compétitivité.

Mais en réalité, les entreprises de toutes tailles sont concernées, car il ne s’agit pas uniquement de ce problème de compétences, mais surtout d’un changement de logique : passer d’une logique d’investissement à une logique de coût de fonctionnement (Capex vs Opex). Ainsi, TPE, PME, grandes structures ou encore administrations publiques, tous recourent désormais au Cloud Computing.

Mettre en oeuvre la gouvernance numérique

Ainsi, c’est aux DSI que revient le rôle de mettre en oeuvre cette gouvernance numérique. Et de toutes manières, il n’y a plus le choix, puisque la transformation digitale est déjà là et que lorsque les services métier n’obtiennent pas satisfaction auprès de la DSI, ils peuvent toujours décider de recourir au Shadow IT, c’est-à-dire de faire appel à des services informatiques disponibles dans le Cloud, les apps en mode Saas, etc… sans en référer à quiconque. Dès lors, il vaut mieux pour la DSI être au courant de ce qui se passe, et même piloter et coordonner ce recours aux services externes.

De plus, il faut noter que tout peut se louer, les infrastructures comme les compétences. Il est donc évident que le maintien de l’infrastructure et du bon fonctionnement des systèmes informatiques existants n’est plus la seule mission du responsable informatique. Il s’agit plutôt désormais d’assurer une transition vers les dernières innovations technologiques et de travailler tout à la fois à leur cohérence et à leur adéquation avec les besoins des services métier.

Le DSI doit penser le système d’information en prenant plus de recul et en s’alignant sur les objectifs stratégiques de l’entreprise. Il doit évangéliser cette innovation auprès de l’ensemble de l’entreprise, et en particulier à sa direction, si nécessaire en faisant participer la direction générale et le conseil d’administration à la prise de décision.

Le DSI de l’informatique as a service doit être visionnaire, il doit en permanence se former, s’informer et créer les conditions de nouvelles expériences numériques, que ce soit pour les collaborateurs, les clients, les partenaires commerciaux, avec toujours plus de transversalité.

 

Ainsi, les DSI ne sont désormais plus simplement en charge du maintien en conditions opérationnelles du système d’information. Ils se doivent plutôt de répondre aux problématiques des services métiers, s’aligner sur leurs besoins, et notamment sur les exigences de rapidité de déploiement et de qualité de niveau de service.

Ils deviennent des architectes d’infrastructures et de services informatiques disponibles sur catalogue et qui doivent être coordonnées dans une optique de servir les objectifs de l’entreprise. Le DSI voit son rôle devenir éminemment stratégique, toujours plus transversal, avec une implication plus importante au sein de la direction.

Dernière mise à jour le 25 décembre 2018