Depuis Internet, et les applications en ligne en mode full web ou Saas, les utilisateurs sont devenus de plus en plus exigeants : ils souhaitent désormais bénéficier des nouvelles versions toujours plus rapidement, dans un mode de quasi immédiateté.

Face à ces nouvelles demandes, les DSI réagissent aux aussi. Une réponse est née en 2009, initiée par le consultant belge Patrick Debois : le Devops.

Cette nouvelle vision de déploiement informatique, inspirée des acteurs majeurs du web (Google, Facebook, Amazon), vise à rapprocher les services de développement applicatifs, qui effectuent les tests et la recette, des services opérationnel, qui réalisent la mise en exploitation proprement dites, à travers des processus industrialisés. Découvrons ensemble cette nouvelle culture de développement informatique.

 

La difficile collaboration entre le développement et l’exploitation

Le service informatique d’une entreprise comporte d’une part, des unités de développement, qui ont pour mission de créer de nouvelles fonctionnalités, et d’autre part, des services opérationnels qui sont garants de la stabilité du système.

Là où le bât blesse, c’est qu’inéluctablement, lorsque les unités de développement mettent au point une nouvelle fonctionnalité, les différentes phases de recette, livraison et déploiement génèrent des instabilités. Ainsi, ces deux services se retrouvent chacun avec des missions contradictoires, et la rencontre de ces deux univers se révèle très facilement source de conflits.

 

“You build it, you run it”

Le Devops, qui vient de la contraction Dev (development) et Ops (operations), est à la rencontre de ces univers. La devise d’Amazon ‘You build it, you run it’ (qui signifie ‘tu le développes, tu le déploies’), est particulièrement représentative de cette philosophie.

Il s’agit en effet d’intégrer les unités de développement et les services opérationnels, en facilitant l’échange de compétences, l’automatisation des tâches et la culture collaborative.

 

Des conditions de travail similaires

Ainsi, alors qu’en temps normal, les développeurs et les exploitants système possédent chacun leurs propres système d’exploitation, bases de données et serveurs, le Devops implique que tous les services disposent des mêmes outils et des mêmes compétences.

Des méthodes d’évaluation communes

De plus, pour encourager la synergie entre les services, ceux-ci seront évalués sur des indicateurs de performance communs.

Limiter les goulots d’étranglement

Comme toute méthode agile, l’objectif du Devops, c’est également de maximiser l’efficience et améliorer la qualité. La création de valeur sera ainsi réalisée grâce à l’automatisation des tâches, la gestion des log, le suivi d’un schéma directeur et la fiabilisation des mises en production (activation progressive ou partielle des nouvelles fonctionnalités).

Une culture collaborative

Enfin le Devops prône une culture collaborative au possible, où les échanges et les feedback sont fréquents, la communication transparente et l’intégration totale.

 

Une philosophie source d’agilité et de progrès

Comme nous venons de le voir, le Devops est avant tout une culture. Chaque élément de l’équipe se devra donc de jouer la complémentarité tout en assumant ses propres responsabilités. Il s’agira ainsi d’assumer les missions qui lui sont confiées :

  • tout en ayant la capacité de faire le travail de l’autre
  • en communicant sur chaque action réalisée
  • sans penser à sa performance personnelle mais en considérant le collectif, ce qui implique le décloisonnement des services et/ou la création d’indicateurs au niveau de l’équipe

Dans le dispositif Devops, transparence et feedback sont décisifs. En effet, un exploitant système constatant un défaut mineur de développement serait en mesure de le corriger, mais au lieu de cela, il devra immédiatement le signaler au développeur, afin de limiter la redondance de tâches.

Ainsi, la transparence permet l’échange de compétences à travers les retours d’expérience, et elle déclenche un cercle vertueux, permettant au Devops devenir une véritable source de progrès

 

Avec le Devops, les équipes intervenant en amont du projet (études, architecture), les équipes intervenant en aval (maintenance, migration), les équipes de développement et les équipes de production se fondent toutes dans une démarche commune.

Résultats ? Un déploiement dynamique, une production au jour le jour, un système évolutif (développement continu), une gestion autonome des bugs et recettes (validation de nouvelles fonctionnalités), des délais raccourcis, une meilleure productivité, plus de création de valeur et… une meilleure compétitivité.

Le Devops, nouvelle vision de la culture d’entreprise, inspire ainsi une nouvelle organisation, plus humaine, plus collaborative et plus créative.